Construire des refuges....
A l'âge de 6 ans Juliette intègre l'école de dessin Quentin de la Tour, plus tard elle se forme au trompe l'œil à l'Institut Art et Métier. Elle intègre le conservatoire en art dramatique à 11 ans. A 21 ans après un DEUG d'économie elle se forme en restauration des costumes de théâtre. A 23 ans, elle intègre le monde du spectacle. En tant qu'interprète, elle rejoint les Cies Du garde-fou, La boîte à mômes, monte le collectif d'art de rue Viens voir en face et s'adonne 4 ans au clown avec la Cie du Théâtre du faune.On la retrouve aussi devant la caméra. En tant que costumière-habilleuse, elle travaille à l'Opéra Bastille, au théâtre de Choisy et des quartiers d'Ivry.
Sans détour le travail est son refuge. Accoutrée de robes vintages et cultivant ses charmes à qui mieux-mieux dans l'effervescence parisienne, elle vit dans ses non moins 8 mètres carrés, se lave dans une bassine, mange des raviolis pékinois avec son fleuriste au regard à vous décalotter les globes, et aux pieds audacieusement nus dans les rues de Paris. Elle se fait avoir, comme tant de comédiennes, par un assoiffé photographe de renommé, sans compter un directeur de casting peu scrupuleux. Mais elle fait la couverture de "Raise magasine" et une pleine page dans "Vogue Italie" avec sa bassine et l'œil engagé d'une photographe russe, Natasha Gudermane. En résumé elle vit le " tantôt beau / souvent laid " rêve de l'artiste parisienne.
Page bouclée, chapitre maternité.
Elle pose ses valise sur Toulouse en 2012. Enceinte jusqu'aux oreilles, elle consacre son temps à la peinture, l'atelier étant d'un confort non des moindres lestée de douze kilos ! Elle donne naissance à l'amour de sa vie, son fils. Accroché constamment à sa proéminente poitrine, elle découvre la nuance on ne peut plus chronophage de la maternité avant de se tourner à nouveau vers le plateau avec la Cie QuercyProd. Depuis 2018 elle a rejoint la Cie La Machine. En 2023, avec Mozaïkart, elle monte "Au Boulot" par les Sœurs Poètes-Pouët, duo clownesque et musical, satire sociale épicée, en collaboration avec Les Chats Pelés. En 2024, elle est machiniste-manipulatrice sur le plus grand spectacle de rue de la Cie la machine. En 2025, elle boucle sont recueil Parfum Cortese. En ces temps mortifères capitalistiques, elle est en questionnement quant à ses engagements. Comment faire de la parole, de l'économie circulaire, et de la décroissance bien plus qu'un mode de vie : un projet pour faire société ?
Aiguisant sa sensibilité et sa quête d'authenticité à travers l'escalade et l'enfance, Juliette questionne conformismes et conventions. Amoureuse des grands espaces, elle nourrit une appétence pour la philosophie existentialiste en cultivant des mots libérés, responsables et engagés.